01 Août 2018 – Stéphane « STF » MAUREL

Stéphane « STF » MAUREL
01 Août 2018

WELCOME DOCTOR PSYCHO

Stéphane, le nom de ton groupe sonne comme un message de bienvenue au personnage de DC Comics « Doctor Psycho », est-ce comme lui par pure misogynie ou, comme le prétend une rumeur lancée par quelques journalistes certainement mal intentionnés, pour te venger de WONDER WOMAN qui aurait refusé tes avances et dénoncée sur «#Balancetonporc» ? Une autre rumeur prétend que tu aurais rencontré tes musiciens dans l’aile B de l’asile d’ARKHAM et que ta thérapie passerait par la formation d’un groupe de Métal (comme nous tous en fait ) ? Où est la vérité ?

Et non, désolé Gilles, je ne t’enverrai aucune photo de WONDER WOMAN en petite tenue… (Ndlr : et M….; moi qui espérais enfin voir de près sa petite culotte étoilée … amère déception ;-))
Je te remercie de cette question sur la génèse du nom du groupe mais aucune des rumeurs que tu énonces ne correspondent à « c’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup » !!!… J’adore placer cette phrase dès que je le peux !!!

Je vais être honnête avec toi, tu es la deuxième personne à me poser la question et je t’en remercie car ce nom a une grande signification pour moi et je vais te répondre très sincèrement : je suis tombé dans le métal grâce/à cause d’un copain de classe de primaire qui est le frère de Dog (Didier Bouchard – batteur d’ADX). Il m’a montré la discothèque de son frère et j’ai flashé sur la pochette de l’album ‘Dynasty’ de Kiss qui venait de sortir… un choc, dans le bon sens du terme !
Depuis je n’ai jamais décroché et reste fidèle au Hard- Rock / Heavy-Metal, avec une préférence pour ceux avec qui j’ai grandi c’est-à-dire les groupes des années 80 et 90, qu’ils soient locaux (Picardie revendiquée !), nationaux et bien sur internationaux.

WELCOME Dr PSYCHO en est un condensé de cette époque : j’ai pris ici et là des mots de titres de groupes de cette époque que j’apprécie très fortement et les ai associés ensemble. Cet ensemble me plait vraiment et jusqu’à notre premier concert personne ne connaissait le nom du groupe (même pas les musiciens !). Tu as ton idée sur les titres des morceaux qui composent le nom de WELCOME Dr PSYCHO ?

Qui sont les membres du groupe ? Comment celui-ci s’est-il constitué ?

J’ai créé mon premier groupe lorsque j’étais au collège puis j’ai fait mes premiers concerts avec d’autres formations dès le lycée. Nous étions alors entre 1984 et 1990. Ensuite j’ai eu un ‘trou noir’ musical jusqu’en 1999 où j’ai intégré un groupe de pop-rock avec lequel nous avons joué pendant près de 16 ans. Au début je n’étais là que pour assurer la guitare rythmique, les chœurs et participer aux compositions mais je me suis assez vite retrouvé à proposer mes propres morceaux, trouver les concerts et gérer l’ensemble du groupe ainsi que la communication. Lorsque je me suis aperçu (un peu trop tard à mon sens) que cela ne me mènerait à rien je me suis dit qu’il était temps que je monte mon propre projet.

WELCOME Dr PSYCHO a très exactement vu le jour en juillet 2014. C’était à la base un projet parallèle au groupe pop-rock dans lequel je jouais toujours. J’avais fait venir Jean-Marc PINSSON (ex-Pec Ciochor) dans ce groupe pour remplacer le précédent batteur (Enguerrand JACOBEE, ex-BODY FLUIDS) que j’avais également sollicité pour jouer dans cette formation. A l’été 2014 je suis passé voir Jean-Marc et nous avons joué quelques titres qui sont aujourd’hui sur l’album ‘Gimme someone to hate’. Il a adhéré à mon projet et au postulat que je serais le seul capitaine du navire. J’ai par la suite contacté Donas FAEDY (Bassiste, ex- BLINDING FEAR et OSM’OZ) pour finaliser le noyau dur de ce qui allait devenir WELCOME Dr PSYCHO. Nous avons travaillé tous les trois pendant une petite année avant que je ne propose à José MUREZ (ex-WILLER, DIVINE LANE) de nous rejoindre le temps d’enregistrer l’album. En parallèle, et ne pouvant assumer la gestion de deux formations, le groupe pop-rock n’a pas perduré et n’existe plus à ce jour.

Le titre studio « Do you love me ? » n’aurait pas fait tache dans le répertoire du WASP des débuts (la meilleure période à mon sens) ; alors qu’un titre comme « All I need » (en live) prend une consonance plus proche d’un Punk à la OFFSPRING, les quelques titres que j’ai pu découvrir m’ont donné l’impression d’une certaine ouverture musicale, qu’en est-il exactement ? Quelles sont tes influences principales et celles des différents membres ? Quel est l’apport des autres membres ?

Là encore tu tapes dans le vrai Gilles ! J’ai grandi avec les premiers Bon JOVI, STRYPER, IRON MAIDEN, WARRANT & Cie et bien évidemment WASP ! (même si KISS reste ma référence et mon groupe de cœur depuis mes 9 ans). Et tu sais quoi ? J’ai composé le titre « Do you love me ? » en essayant de me mettre dans la peau de Blackie LAWLESS !!! Ta remarque me fait superbement plaisir car elle correspond exactement à ce que je voulais que d’autres entendent : ‘Tiens, ça aurait pu être un titre de WASP première époque !?!!’ Et comme je te dis tout, j’ai laissé à leur road crew (son frangin exactement) lors de leur venue à Paris en octobre dernier à l’Elysées-Montmartre la bande de ce titre avec le naïf espoir que Blackie me répondrait ‘No problems guy, I gonna sing your song !’ Au moment où je t’écris je n’ai eu aucun retour de lui ou de son staff mais au moins j’aurais essayé ! A surveiller tout de même leur prochain album pour ne pas y retrouver ce titre ou quelques phrasés qui en seraient issus !

Concernant les autres titres, comme je te l’écrivais précédemment, je suis seul maître à bord. Je remercie à chaque fois Jean-Marc et Donas d’accepter cet état de fait.

‘All I need’ est à présent le 1er titre que nous jouons dans notre setlist en concert. Ce titre nous permet de nous lancer pour la soirée : un titre bien punk- rock et pas trop dur à jouer (Off course !)… ça nous permet de nous mettre en condition pour le reste du set. Merci de ta comparaison avec THE OFFSPRING pour ce titre ! J’aime beaucoup leur album « Smash » (1994) mais depuis je n’ai pas suivi leur évolution hormis à écouter leurs singles diffusés à la radio. Tu sais tout comme moi que tu n’entends pas forcément beaucoup de Rock/Hard-Rock en France lorsque tu allumes ton poste ? Mais il y en a tout de même beaucoup plus que lorsqu’il n’y avait que TELEPHONE et TRUST !!! (que je respecte infiniment). Merci à EUROPE et surtout NIRVANA d’avoir ouvert les portes de la bande FM au Rock-Metal-Grunge ! (Le dernier album d’EUROPE est d’ailleurs sublimissime, à écouter sans modération !!!). THE OFFSPRING sont toujours là et j’espère tenir aussi longtemps qu’eux !

Mes influences ? J’ai malheureusement des œillères et reste littéralement bloqué sur les années Metal des années 80’. L’album s’en ressent et ce sont également les échos que j’ai eu : on me parle d’IRON MAIDEN, de LOUDNESS, WARRANT, de KISS (of course !!!), WASP (comme tu le disais), voire de Bon JOVI ou encore des GUNS !!! Tout un tas de groupes qui ont bercé mes jours et mes nuits pendant tant d’années… et encore aujourd’hui pour certains ! Je suis même gêné, dans le bon sens du terme, que l’on puisse comparer mes compositions à ces groupes, pour moi ils sont inaccessibles et le resteront toujours, je reste un amateur amoureux de la musique mais je n’ai aucunement la prétention de me comparer à eux.

Pour répondre à la dernière partie de ta question, WELCOME Dr PSYCHO était à la base un projet égoïste- éphémère me concernant de faire un CD avec des musiciens qui aimeraient me suivre dans mon délire et ensuite on passe tous à autre chose. Mais ce fût l’inverse qui s’est produit : Jean-Marc et Donas m’ont incité à faire des concerts et à développer l’aspect ‘groupe’ alors que pour moi ce n’était vraiment qu’un ‘projet’. Ils ont toujours eu leur mot à dire et m’ont motivé à changer ma vision des choses et avec du recul je les en remercie. Petit bémol : le deal de départ avec José a été pleinement respecté et je l’en remercie infiniment mais aujourd’hui il ne fait plus partie de la formation. C’était convenu entre nous dès le début même si je ne désespère pas de le revoir un jour avec grand plaisir dans la formation, la porte lui est grande ouverte et il le sait.

Vous avez sorti en février votre premier album « Gimme someone to hate », peux-tu le présenter (conditions de réalisation, temps consacré à sa création, guests, design, thèmes de prédilection…) ? Pourquoi ce titre ?

Très précisément, nous avons commencé à travailler à la réalisation de ‘Gimme someone to hate’ (qui n’avait pas encore de nom à l’époque) en juillet 2016. Son enregistrement sort des sentiers battus car nous avons procédé de façon surprenante je trouve mais au final ce fût redoutable : prises témoins chant-guitare puis prises témoin basse puis enregistrement sur deux jours de la batterie et ensuite on reprend l’enregistrement final des guitares électriques et de l’acoustique, de la basse, on rajoute à cela quelques nappes de synthé (il y en avait un qui trainait pas loin) et on termine avec les voix leads et les chœurs arrosés de quelques bouteilles bien senties. C’est Michael PETIGNY, ingénieur du son qui mérite vraiment d’être (re)connu, qui m’a suggéré ce processus. Ce n’était pas le premier CD que j’enregistrais mais je lui ai fait confiance et j’ai bien fait car ce fût parfait à tout niveau ! Tellement parfait qu’il a fallu que je dise à Michael en novembre 2017 ‘Bon écoute, on s’arrête là sur ce qui est mixé, je n’en peux plus, j’ai envie de passer à autre chose et que le CD soit enfin pressé’. Il faut dire que depuis la fin des dernières prises instrumentales j’allais chez Michael a minima une soirée par semaine pour travailler le son et le mixage chez lui dans son home studio. Ce n’est pas que cela me dérangeait, bien au contraire on a passé de superbes soirées, mais à un moment il faut dire ‘stop, on laisse en l’état’ sinon on n’a jamais fini !

Mon idée première était de faire jouer sur l’album des musiciens que j’apprécie, que j’aie joué ou non avec eux. Tous issus de la scène locale Picarde. Là aussi Michael a eu le nez fin en me disant que ce n’était par forcément la bonne chose à faire et que j’étais à même de pouvoir chanter et jouer de plusieurs instruments sur le CD.

J’ai pour autant voulu y associer le fils d’un ami qui nous a dramatiquement quitté dernièrement. Julian, le fils de Didier IZARD, joue un magnifique solo sur le titre ‘This is my song’. Il n’a fallu qu’une petite soirée pour l’enregistrer et je l’en remercie encore infiniment. Il m’avait envoyé au préalable une maquette me demandant si ce qu’il comptait jouer me convenait, un vrai pro ! Didier était bien évidemment présent ce soir-là et lorsque je pense à lui je le revois le soir du premier concert de WELCOME Dr PSYCHO me dire ‘tu vois, je suis là et eux aussi ils sont tous là’. Il parlait du groupe de son fils Julian (EXISTANCE). Cela remonte à décembre 2015. Repose en paix mon ami, je ne t’oublie pas.

‘Gimme someone to hate’ n’est pas un concept-album. Chaque morceau raconte sa propre histoire. Ce qu’il faut savoir par contre c’est que l’ordre des titres sur l’album correspond à l’ordre des titres que j’ai proposé et que nous avons travaillé avec Jean-Marc et Donas : de ‘Wild train’ qui ouvre l’album et qui fût le premier titre travaillé à ‘This is my song’ qui est le 7ème titre. Ce sont d’ailleurs ces 7 titres que nous avons joués lors de notre tout premier concert en guest de FURIOUS ZOO au BLACK PEARL à Laigneville car nous n’en avions tout simplement pas d’autres !!! Ce concert fût enregistré et mixé (par Michael d’ailleurs), il reste très confidentiel et s’appelle ‘First Ever In Live’.

Les derniers morceaux de ‘Gimme someone to hate’ ont quant à eux été créés juste avant le début de l’enregistrement et le tout dernier (‘Money is knocking at your door’) est en sorte un ‘bonus track’ car personne ne l’avait jamais entendu avant que l’album ne soit disponible.

Des thèmes de prédilection ?
Non pas forcément, je te laisse juger :
1/ Wild train : déception amoureuse, on est comme un train sauvage ne sachant où aller.
2/ Hey you : se dire que nous sommes facilement dociles même si l’on se croit fort mentalement.
3/ Mes amis : une chanson écrite après avoir lu une interview de Nikki Sixx (ex-bassiste de Mötley Crüe) expliquant qu’il veut que soit diffusé lors de son enterrement ‘Goodbye my friends’, titre de son groupe Sixx AM. Je me suis posé la question et j’ai écrit ce titre d’un trait en une petite soirée.
4/ Let’s break all the rules : l’histoire d’un drame d’adolescents qui ont joué à un jeu débile qui a fait perdre la vie à quelqu’un (autobiographique).
5/ All I need : le texte le plus léger de l’album qui se résume par ‘mets toi à genou et fais moi plaisir…’
6/ Bonheur éphémère : difficile de se passer de certaines addictions même si l’on sait que leurs effets ne dureront pas
7/ This is my song : le texte poétique de l’album, des mots justes qui se suivent et font du bien à entendre, l’histoire d’un amour qui se termine mais que l’on voudrait voir renaître
8/ Do you love me ? : un psychopathe qui s’amourache de sa victime et pense qu’elle va l’aimer
9/ Je suis venu te dire : la relation d’un couple dont l’un des deux souhaiterait que l’autre change et plus en phase avec une vie de couple
10/ Whiplash : un serial-killer comme nous sommes tous au fond de nous qui a tout pour lui mais préfère générer du mal autour de lui (le titre de l’album ‘Gimme someone to hate’ est extrait de ce morceau).
11/ Money is knocking at your door : la relation entre un psy et son patient avec l’argent comme leitmotiv mais peu de résultat en retour.

Tous les instruments et voix ont été enregistrés dans le home studio de Michael sauf la batterie qui a été enregistrée dans le garage de Jean-Marc (toujours par Michael).

Pourquoi ‘Gimme someone to hate’ comme titre ? … avec de jolies roses sur le livret !?!!!
C’est en lien avec le paradoxe universel de la vie : aimer puis détester.
Il y a aussi une part de moi dans ce titre : vouloir donner le bien autour de soi et se détester parfois (mais je travaille dessus avec ma psy !😅!!).

Pour le design ce fût très rapide. Mon idée première était de n’avoir aucune photo ou représentation quelconque sur le CD et le livret. Mais du jour au lendemain j’ai changé d’avis, pris de cours car j’avais des engagements pour le lancement de la fabrication, j’ai pris le bouquet de roses que j’avais offert à ma femme quelques jours plus tôt, le vase dans lequel elles étaient et je suis parti chez un ami qui a la passion de la photographie. C’est Yannick JOSSEC qui a réalisé tous les clichés et je l’en remercie.

WDP semble peu présent sur la toile en dehors de FaceBook ? Pour quelle raison ? Manque de temps ? De moyens ? De structures de com’ ? Comment assures-tu sa promotion ?

Je me suis forcé à être sur facebook !!! La page du groupe a seulement été créée en janvier 2018.
Je ne suis absolument pas réseaux sociaux et dans le monde actuel de ceux qui ne peuvent vivre sans avoir toutes les cinq minutes les yeux rivés sur leur portable. Il m’a fallu cependant m’y résoudre pour communiquer sur l’album et en faire sa promotion.

WELCOME Dr PSYCHO n’est pas une entreprise et n’a pas de service communication. Je gère tout et cela me prend du temps.

Nous avons également une chaîne sur youtube.

D’une façon générale quel est ton sentiment sur les structures en France permettant aux groupes de s’exprimer ?

Je n’en connais pas personnellement mais si elles sont intéressées pour nous faire jouer alors qu’elles n’hésitent pas à prendre contact.

Je te laisse conclure cette interview, après bien sur nous avoir rappelé où et comment se procurer l’album.

L’album n’est pas distribué, tu peux uniquement te le procurer en me contactant via la page du groupe sur facebook (@WDPofficiel).
Pour le reste, je te remercie vivement de ta sollicitation et j’espère qu’à travers tes questions et mes réponses cela donnera envie de nous découvrir.

13 juin 2018 – SOGGY « Une histoire de dingue »

« Allo Gilles, c’est le Paka, on organise une soirée de vernissage du documentaire qu’Olivier HENNEGRAVE a fait sur SOGGY et le BEB et on aurait aimé t’inviter pour la soirée, ca sera le 13 juin ». Bon, en fait ça c’est la version courte, sacré personnage le PAKA, un vrai passionné, discret mais très loquace dès qu’il s’agit de sa passion pour le Hard, a fortiori quant il s’agit de ses frangins de SOGGY, le genre de mec à vouloir déplacer des montagnes … et à y arriver parce qu’il a la foi.

Mercredi 13, 19h45 , me voilà donc devant le BADABOUM, près de Bastille, le Paka est à l’entrée se démenant pour que tout se passe au mieux. La salle se remplie rapidement, l’occasion de retrouver plusieurs têtes connues,  dont Georges BODOSSIAN et Stef REB, d’OCEAN, Sylvain COTTE de GANG (et bien sur UNDERGROUND INVESTIGATION), ainsi que Reynald et Thalie, avec qui nous avions parlé de cette soirée une semaine plus tôt lors du concert mémorable d’OCEAN à LA DAME DE CANTON.

Le temps de repérer les lieux, de parler un oeu avec un BEB sous tension et euphorique, la soirée s’ouvre avec la projection du Rockumentaire « SOGGY, un truc de dingue », l’histoire d’un groupe de potes qui se brûlent les ailes en 82 après avoir secoué pendant 4 ans la Champagne avec leur version frenchie du son de Detroit. Le groupe tombe alors dans un quasi oubli jusqu’en 2008 où la sortie sur le label « Memoire neuve » (qui a également sorti l’excellent vinyle de TNT, entre autres) d’un LP commémoratif relance la machine, la vidéo de leur passage sur FR3 avec « Waiting for the War » devient virale et arrive jusqu’aux Etats-Unis, plus exactement jusqu’à l’écran de Josh LANDAU, chanteur/guitariste de THE SHRINE.

Séduit par le titre et le charismle du chanteur, il fait rapidement écouter le titre aux autres membres, le thème leur parle, et nos californiens décident de reprendre la composition des Rémois sur leur nouvel album.

THE SHRINE invitent par la suite BEB à monter sur scène avec eux à l’occasion de leur passage au TRABENDO, 4 jours après l’attentat du BATACLAN. Autant dire que « Waiting for the War » prends une dimension plus profonde pour tous, la charge émotionnelle étant particulièrement forte.

Cette invitation à rejoindre le groupe sur scène est reconduite pour le DOWNLOAD, le HELLFEST, et enfin au HARD ROCK HOTEL de Las Vegas,

« un truc de dingue » pour notre jardinier Rémois qui avait depuis longtemps remisé toute ambition « Rock n’ rollesque ». Cerise sur le gateau, il enregistre un nouveau titre avec ses potes de THE SHRINE et programme une renaissance de SOGGY.

D’aucun compareront ce film à « this is ANVIL » (j’ai déjà lu des commentaires en ce sens), voire à quelques vidéos hagiographiques hexagonales fantasmant l’importance d’un groupe ou d’un musicien dans l’évolution du Metal Français.  

En fait, hormis raconter l’histoire d’un come back, SOGGY « Une histoire de dingue » n’a pas grand-chose en commun avec ce type de biopics promotionnelles. Ici aucune complaisance et aucune « légende » réinventée,  pas de pleurnicheries sur « un groupe maudit » qui « aurait pu ». Olivier HENNEGRAVE réussit le tour de force de parler de sa propre histoire et de celle de BEB sans tomber dans le nombrilisme, le pathos ou l’autopromotion, des faits, une légère dose d’humour et une grande part de sincérité et de plaisir partagé en font un vrai documentaire Rock, parfaitement réalisé.  

Il faut dire que BEB est un sujet de choix, un mec atypique, même pour un Rocker, dont le talent dépasse son image d’Iggy POP français, à la fois drôle, passionné et passionnant. Là où certains s’autoproclament « parrain » de tel ou tel style, jouent les éternels incompris ou s’acharnent à « laisser une trace » en répétant ad nauseum les mêmes histoires, fort du principe voulant qu’un mensonge suffisamment répété soit le réalité de demain (sic), BEB se contente d’être lui même, d’aller là où le vent a bien voulu le mener  et d’apprécier les bonus  que la vie lui offre. Un gars qui vit enfin son rêve, et qui le partage.

Vous l’avez compris, j’ai adoré ce film qui est exactement le genre d’archives qui manque au Hard / Metal français, alliant professionnalisme et honnêteté . Un film qu’il me faudra absolument en cas de sortie DVD et que je ne pourrais que vous inciter à voir et revoir.

L’écran est ensuite enlevé pour laisser place sur scène au groupe Marnais GUTTER KIDS, power trio efficace doté d’un son puissant qui chauffe la salle sans problème avant d’être rejoint par Josh LANDAU, le frontman de THE SHRINE lui-même, venu spécialement en France pour l’événement, puis par un BEB survolté, totalement déchaîné en fin de set sur «I wanna be your dog » puis « Waiting for the war ». La complicité entre le jeune musicien californien et le chanteur de SOGGY est évidente, le plaisir d’être sur scène aussi, le set est court mais intense, et donne envie d’en entendre plus.

La renaissance de SOGGY à travers l’aventure de BEB est réellement un truc de dingue, de cette folie spontanée et régénératrice qui fait du bien, et manque au quotidien.

Merci encore à Pascal, Olivier, Beb, Josh,  et à l’équipe de SPICEE (qui fêtait ses 3 ans) pour cette soirée qui, en mettant SOGGY à l’honneur, rappelle que l’underground est un vivier de talents et qu’il se passe d’autres choses en France que la Nième reformation de TRUST ou les quelques « places to be » qui monopolisent notre faible exposition médiatique.

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TIT’S – La malediction du Metal Francais

La malediction du Metal Francais

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« On est pas dans le bon pays, sinon on aurait fait un carton », « Le groupe allait exploser, ca marchait fort et là, le coup de malchance … », « Le festival aurait fait le plein si … (il avait fait beau, on avait eu plus de promo, les extra-terrestres n’avait pas débarqué le même soir à 10 km de là …) », ce genre de phrase, on les a tous entendu, voire prononcé, les groupes talentueux ne manquent pas en France et pourtant rien ne décolle vraiment.

Pourquoi ? Une sombre malédiction pèse t’elle sur le Hard & Metal hexagonal ?

Une question passionnante mais dont peu de « rockers » français, très actifs sur les réseaux (anti)sociaux, souhaitent entendre la réponse. Fidèle à lui même, TIT’S vient donc lancer un pavé dans la gueule du débat sous la forme de ce livre qui lui permettra certainement de renouveler son stock de Haters.

« La Malédiction … » ne se veut pas un ouvrage historique ni une leçon de morale mais une série de constats et d’expériences personnelles offrant un regard sans concession sur un milieu musical qui, contraint d’évoluer sur un terrain peu favorable, semble prendre plaisir à s’ajouter des handicaps.

TIT’S distribue les baffes allégrement, n’oubliant pas de s’en donner au passage, certains se sentiront certainement insultés , d’autres, capable d’auto dérision seront amusés, d’autres enfin se diront « et merde, c’est vrai que j’ai merdé grave à l’époque ». Quant à ceux qui se disent qu’en effet, c’est la faute de tous les autres et que, si tout le monde était aussi irréprochable qu’eux, la France serait LA nation du Rock en général et du Metal en particulier, je les plains et me garderai bien d’interrompre leurs rêveries onanistes.

Ce bouquin est né d’un coup de gueule, et TIT’S l’écrit comme il parlerais à des potes pour leur dire « Hé les mecs, c’est la lose, si on arrêtait d’être cons juste deux minutes au lieu de s’apitoyer ! », la forme est donc épurée, les filtres ont été laissés au placard et, tel un Jésus à cuir noir saoulé par la bien-pensance ambiante, multiplie les pains (dans la tronche), pour reprendre AUDIARD « Moi, quand on m’en fait trop j’correctionne plus, j’dynamite, j’disperse, j’ventile. ».

Je parlais là de la forme, mais sur le fond du propos, qu’on l’apprécie ou pas, le lascar est un vrai rocker, souvent bigger than life, agaçant avec sa grande gueule, provocateur dans l’âme, mais qui connaît bien son sujet pour l’avoir vécu et le vivre encore au quotidien. Les dessous des affaires, il en as souvent vu et reniflé et il faut admettre que ça ne sent pas toujours le frais.

Je n’irais pas jusqu’à dire que j’approuve ses arguments à 100 %, il reste gentil avec certains mecs qui ne se sont pas contenté d’enterrer le Hard en France, mais ont largement pissé autour de la tombe histoire de marquer leur territoire, j’aurais personnellement été plus dur avec quelqu’un comme MANOEUVRE qui n’a jamais fait que d’aller dans le sens du vent, ne se fendant d’une bonne chronique que par intérêt, moins cité TRUST en exemple, car même si je respecte le parcours du groupe, force est de constater que, contrairement à ce qui s’est produit un peu partout ailleurs dans le monde, sa conduite d’« Highlander »  (« il ne peut en rester qu’un ») n’a fait qu’ajouter à cette fameuse « Malédiction ».  Bref mes rares réserves sur cet ouvrage repose sur des détails historiques et une analyse moins émotionnelle de la situation, mais, malgré nos différences dans le vécu et notre façon d’approcher le problème, nous nous rejoignons sur les conclusions.
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Je vous invite d’ailleurs à lire ma chronique de 2010 « Annulations en chaine ! French Metal … Chronique d’une mort annoncée » qui faisait un constat très proche.

Après cette page d’auto-promotion, revenons à notre mouton noir 😉

Il existe peu de bouquin sérieux traitant du Hard & Metal en France, encore moins ayant les « cojones » d’appuyer là où ça fait mal, TIT’S , mêlant humour et coups de gueules nous en apporte un qui manquait cruellement. Un livre à découvrir absolument.

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BENVENUTI – « Benvenuti »

cover benvenuti cd

BENVENUTI – « Benvenuti »

CD 2017 – SBC Production

La musique est décidément un univers étrange échappant parfois aux lois de la logique, notamment quand il s’agit d’associer les talents. Vous pouvez regrouper « la crème de la crème » des musiciens de France et de Navarre, jouer la carte de la provoc ou de la nostalgie, multiplier les albums … et ne produire au final que des albums insipides, incolores et sans saveurs.

D’autres associations au contraire sortent le meilleur de chacun, dépassent les ego, pour créer des albums dont on ne se lasse pas et où la qualité et le feeling restent les maitres-mots.

C’est ainsi qu’après avoir produit un des meilleurs albums de Metal Français de l’année 2011 avec SUPERFIZ, l’équipe constituée d’Olivier SPITZER (Guitares : STATORS, TEMPLE OF SILENCE, SHAKIN STREET, SUPERFIZ, SATAN JOKERS …), Pierre BENVENUTI (Chant : SUPERFIZ, MANEC, WAITING FOR THE DOORS, IN TRUST …), Philippe KALFON (Guitares : STRATAGEME, TEMPLE OF SILENCE, SUPERFIZ, SHAKIN STREET, FURIOUS ZOO…) , Aurélien « AUREL » OUZOULIAS (Batterie : SUPERFIZ, MÖRGLBL, AUREL, ZOOL FX, Ron THAL, SATAN JOKERS …), Noël ASSOLO (Basse : RITA MITSOUKO, Bernie BONVOISIN, Catherine RINGER, REBELL8 …), Gérald MANCEAU (Batterie : WARNING …) remet le couvert pour un nouveau groupe, BENVENUTI, et un style différent, s’éloignant des rivages du Metal pour aborder des horizons plus Rock.

On retrouve avec bonheur 4 titres de SUPERFIZ (« Sex & Love », « Tu rêves toujours du Rif », « Ta voix tombe dans le silence », « Je ne t ‘appartiens pas »), ré-assaisonnés avec un zeste de Metal en moins et une touche de Hard Rock en plus. La sauce BENVENUTI prend sans problème, l’alchimie entre les musiciens, guests compris, surpassant les nuances de styles et Olivier SPITZER, outre ses talents de guitariste et compositeur, sachant donner aux titres la couleur sonore qu’ils méritent.

L’album est riche en titres renouant avec une vraie chanson Rock/Hard-Rock francophone, avec des textes qui ont un sens et de vrais mélodies, le tout porté par une voix chaude et posée. Les chansons s’enchaînent sans temps morts, variant styles et tempos tout en gardant une parfaite cohérence artistique.

Seul bémol de l’album, « Au Nom De Quoi », titre qui aurait pourtant du en être le « single shot ». L’intention louable de rendre hommage aux victimes de l’attentat du BATACLAN, malgré une interprétation irréprochable et un beau travail mélodique, tombe quelque peu à plat, au regard de la charge émotionnelle du sujet et de la qualité générale des autres textes de l’opus. Il était peu être trop tôt pour ce titre.

Un seul titre relativement « faible » sur 15 pistes (sans compter les 2 bonus tracks), voilà qui est largement pardonnable au regard de l’excellence de morceaux tels que le fulgurant « j’ai mal », le très inspiré « Pour oublier le passé » (la dualité batterie / guitares où chaque instrument rivalise de créativité est une réussite) ou le grandiose « instinct mécanique » alliant groove, musique planante et Metal Hurlant.

A noter également la reprise d’un ancien titre d’Olivier SPITZER, initialement interprété par la sublime Nina SCOTT dans ses versions Anglaise puis Française (maquette de 1992, hélas inédite). BENVENUTI s’est ici attaqué à la version Française (« On ira vers le Nord ») dans deux versions revisitées parfaitement adaptées au grain de Pierre. Une belle réussite.

Cerise sur le gateau, BENVENUTI s’offre quelques guests dont la présence devraient ravir les amateurs de Hard & Heavy made in France. Si comme moi vous aimer le Hard et le Metal dans toutes ses nuances, BENVENUTI est assurément un album pour vous ; si vos goûts sont plus fixés sur un style unique, où le hors-piste est interdit, jetez-y quand même une oreille, vous pourriez vous découvrir plus ouvert que vous ne le pensiez 😉

TRACKLIST

01 – Personne
02 – Je laisse
03 – Nulle part
04 – Au nom de quoi
05 – A part ça tu es libre
06 – On roulera vers le nord
07 – Sex and Love (remix 2016)
08 – Mon chemin
09 – J’ai mal
10 – Tu rêves toujours du Rif (remix 2016)
11 – Pour vivre toujours
12 – Ta voix tombe dans le silence (remix 2016)
13 – Pour oublier le passé
14 – Je ne t’appartiens pas (remix 2016)
15 – Instinct mécanique
16 – Je laisse (Version 2)
17 – On roulera vers le Nord (Version 2)

LINE UP

Pierre BENVENUTI : Voix
Oivier SPITZER : Guitares et Choeurs
Philippe KALFON : Guitares et Choeurs
Noël ASSOLO : Basse et Choeurs
AUREL : Batterie et choeurs
Gerald MANCEAU : Batterie et Choeurs

GUEST

KARNY : Guitares/Choeurs
Laurent SCHWARTZ : Guitares slide
Franck AMAND : Batterie
Norbert KRIEF : Guitare Solo
Thierry TAMMAIN : Piano/Orgue
Hervé CAVELIER : Arrangements Violons/Violon
Florence HENNEQUIN : Violon
Jean-Marc APAP : Violon
Christophe BRUCKERT : Violon
Alain WALDOCK : Voix Off
Jim LEMOINE : Voix Intro



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17 avril 2017 – Marcel XIMENES de ROZZ

affiche lunafest maubeuge


Bonjour Marcel, nous sommes à une semaine du LUNA FEST … peux tu nous présenter cet évènement ? Son cadre ? Quelle est la génèse de ce festival ? S’inscrit-il dans la lignée du Nord Festival de 2010 ?

Bonjour. Le HARD ROCK LUNA FEST est un festival en salle d’une journée (samedi 22 avril), dédié aux genres Hard Rock et Heavy Metal. Ça faisait longtemps que j’avais envie de monter ce type de manifestation et comme ROZZ avait besoin d’images et de son live présentant le Line up actuel, j’ai effectivement reconduit l’idée de joindre l’utile à l’agréable en montant une affiche internationale autour de ROZZ.

L’ université de Valenciennes et sa section audio-visuel m’a renouvelé sa confiance et apporté son aide grâce à un groupe d’étudiants motivés autour de Christophe, notre ingénieur du son.

Je cherchais une belle salle adaptée à ce projet quand j’ai à la fois découvert la splendide LUNA de Maubeuge et rencontré, le même jour, une élue de la ville qui a immédiatement adhéré à mon projet.

Tu organises donc le festival dans une salle de concert de belle taille, dont les dimensions sont hélas devenu rare pour des concerts de Metal en France, on retrouve les exigences techniques dont nous avions déjà parlé lors d’une précédente interview. Ce type d’évènement fait habituellement l’objet d’une promotion de long mois à l’avance, parfois sans même que l’affiche soit fixée, pourquoi cette promotion relativement tardive ?

Parce que rien n’est simple, surtout par ces temps de folie meurtrière et d’insécurité qui obligent les autorités et les organisateurs à respecter des cahiers des charges extrêmement lourds et que tout cela prend du temps. Le tout conjugué avec la volonté de ne pas entrer en conflit de date avec un autre événement du même type dans la région ou en Belgique.

CAGE, BONFIRE, OCEAN, … le moins qu’on puisse dire est que ROZZ sera bien entouré. Lorsque certains groupes s’attachent à s’entourer de simple « faire valoir » (en tout cas à leurs yeux) pour se faire reluire l’Ego, tu as fait appel à des groupes de premier plan … comment s’est opéré le choix de ces groupes ?

Déjà,  ROZZ sort rarement en France et par conséquent,  nous n’avions pas envie de le faire sans nous amuser et nous faire plaisir.

Nous avions rencontré BONFIRE en Espagne au printemps dernier à l’occasion de concerts de la tournée de leur 30ème anniversaire où nous avons assuré leur première partie. Nous les avons naturellement contactés les premiers puisque nous savions que leur nouvel album sortait peu de temps avant le festival.

J’avais envie également de jouer avec OCEAN, et ayant contacté Georges une première fois pour un projet auquel il n’avait pu participer lors de l’enregistrement du titre « unis » sur notre album « tranches de vie », je l’ai de suite contacté et il a accepté de joindre OCEAN à la fête.

CAGE était en tournée et était une opportunité pour notre festival.

SEVEN THIRTY et VOLTRAGE, tous deux très bons ont accepté immédiatement de compléter cette affiche dont nous sommes très fiers.

Les premières annonces du LUNA FEST ont donné lieu de la part de certaines personnes à un véritable « Marcel bashing », certains allant jusqu’à envoyer des messages privés pour nous mettre en garde contre le dangereux barbu ! Quel est ton secret pour obtenir des Haters d’une telle qualité ?

Ah! Çà c’est ma grande specialité. Je n’ai vraiment le temps de me demander pourquoi mais je crois que le fait que j’aime monter des projets ambitieux, que j’y crois tellement fort que je motive facilement mes interlocuteurs, que ROZZ est quand même un gage de réussite et de ténacité,  font que j’emmène avec moi beaucoup de personnes dans mes aventures. Certaines aboutissent, d’autres non ce qui crée des déçus.

Certaines réussissent mais sans tous ceux qui y ont participé, parce que la vie est ainsi faite et que certains choix sont douloureux ou que tout le monde ne possède pas les compétences requises, et çà crée des aigris voire des ennemis.

Heureusement beaucoup le comprennent avec le temps et nos relations reprennent, d’autres restent haineux et je m’en fous une fois que je pense avoir fait les bons choix et être resté humain.

Le concert sera l’objet d’une captation vidéo, peut on attendre à des surprises lors du concert de ROZZ ? Peux tu nous parler de la formation actuelle ?

Il y a là un lien direct avec la précédente question puisque deux des membres actuels de ROZZ, à savoir Olive (Olivier BOURGOIS) au chant et Stef (Stephane MOULIN) à la batterie ont déjà tous les deux vécu de longues aventures avant que nous nous séparions puis qu’ils réintègrent ROZZ. Tous deux étaient déjà de notre virée espagnole avec BONFIRE il y a un an.

Nos deux autres nouveaux camarades sont la formidable Lita à la basse et aux chœurs, une pile atomique tant sur scène que dans la vie et qui nous assoit une section rythmique de feu avec Stef; et Damien VAN ECKER, dit « Viniou », mon collègue guitariste qui était avec nous déjà lors du festival d’octobre où nous avons retrouvé à Douai nos vieilles connaissances de DRAKKAR, ADX et VULCAIN.

Comme tu as déjà eu droit à une de mes série de questions tordues lors d’une précédente interview, je te refais la même en changeant les personnages. Si tu devais faire du porte à porte pour promouvoir le Luna Fest quels seraient tes arguments face aux trois personnes suivantes ?

  • Un « professionnel » de l’événementiel dont le mur est tapissé de photo de toi déchirées, décapité, avec des moustaches dessinées sur la guitare, portant un tee shirt « Wanted Marcel dead or not alive » et te regardant avec le regard de jack NICHOLSON dans SHINING :

Même pas peur ! On rencontre tous déjà des milliers de gens de ce type quand on démarche pour placer nos groupes respectifs. C’est quand tout baigne dans l’huile que je flippe.

Un chanteur de variété raté pressé de finir sa valise pour se barrer avec la cagnotte ulule de son futur album imaginaire avant que ses souscripteurs ne découvrent l’arnaque.

Là, c’est lui qui aurait peur que je vienne chercher le pognon : ça fait un an que j’annonce la sortie de notre prochain album de ROZZ et il n’est toujours pas fini d’enregistrer. Je crois que le mec m’achèterait un billet rien que pour que je me barre …

  • Un député te demandant si tu n’aurais pas un emploi fictif pour sa cousine fan de bonne musique (elle à vu 3 fois christophe MAE en live et est fan de ZAZ).

Çà me gêne que tu me demandes çà car je bosse pour plusieurs parlementaires de ma famille : j’écris toutes les musiques de leurs discours. C’est bien payé mais j’ai pas le droit de les appeler tonton.

Merci Marcel, je te laisse conclure et te donne rendez vous au 22 avril.

Merci à toi pour ton aide et ton travail. J’espère voir à Maubeuge beaucoup d’amoureux du Hard Rock et de spectacle vivant en général,  car un bon concert est toujours un moment particulier et agréable.  Nous préparons tout pour que ce festival soit beau, réussi et chaleureux. Venez nous aider à le rendre encore plus vivant !

cover factor hate scary tales

FACTOR HATE – « Scary tales »

FACTOR HATE – « Scary tales »

cover factor 
 hate scary tales

CD 2016 – Autoproduction

Bon ! Vous me connaissez, je suis un être patient, la précipitation et l’effervescence dérisoire des mortels m’ennuie et ne m’intéresse que lorsqu’elle est source pour eux de savoureux cauchemars.

Mais, tout de même, cela faisait des mois que j’attendais que Gilles de TROY publie une chronique de « Scary tales », le premier opus de mes amis de FACTOR HATE, ce groupe dont chaque prestation m’offre l’occasion de passer de votre coté du miroir pour conter mon histoire en musique.

Certes, Titi WILD, mon avatar humain, a eu ses premiers avis sur l’album mais je suis le WATCHER, et j’aime me rendre compte par moi même des choses.


Seule solution pour avoir un avis direct sans attendre 10 ans que sa chronique sorte, guetter le moindre signe d’endormissement de sa part, si possible lors de son retour du boulot, occasion qu’un de ses périples en RER me donna finalement.

Watcher : Mes hommages ! Gilles

Gilles de Troy : Salut Watcher, qu’est ce que tu fous sur la ligne B ? je sais que c’est un cauchemar de la prendre mais tout de même …

Tu sais, c’est un de mes terrain de chasse favoris avec toutes ces âmes harassées par leurs journées de travail et qui succombent lentement à l’appel du sommeil. En ce qui te concerne, comment veux tu que je te parle ? Jamais disponible ! Tu ne dors presque pas et ta baraque est truffée d’attrape-rêves, je suis bien obligé d’attendre que tu te laisse aller dans les bras de Morphée dans ce RER, qui ressemble plus à une bétaillère d’ailleurs.

Logique, il est vrai que je dors très peu, tu avais besoin de quelque chose ?

Le Watcher n’a besoin de rien, il prend ce dont il a besoin ! Qu’est ce qui se passe avec « Scary Tales », l’album ne te plaît pas ? Pas une ligne depuis que tu l’as acheté, il y a de quoi se poser des questions.

Je sais, désolé Watcher, tu me connais, j’aime faire les choses proprement et je manque terriblement de temps, j’ai d’ailleurs pas mal de chroniques et de live reports en retard et pas une seconde à moi.

Votre notion du temps est amusante, dans mon monde le temps peux s’étirer, une heure peut prendre place dans une de vos secondes … vous êtes étranges vous autres humains ! Mais trêve de billevesées, il donne quoi cet album ?!

Sincerement ?

Bien sur, que crois-tu ? si c’était pour me faire lustrer la canne épée j’irais faire flipper Philippe MANOEUVRE !

C’est pas con ça, depuis le temps qu’il est le cauchemar du rock francais ! ;-))

Bon ! Franchement, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard, on dirait un mauvais plagiat de BB BRUNE et de LA FEMME !

Quels sont ces sarcasmes ? Tu te moques ouvertement de moi ?

Bien sur ! Mais tu as posé la première question idiote. Bien sur que j’ai aimé « scary tales », le concept de l’album est béton, le son est bon, les compos bien faites …

Et les zicos ? ils m’inquiètent parfois les gamins.

Aucun problème de ce coté, chacun est à sa place et sert l’album au mieux, la drum de Sharky est nickel avec les breaks qui vont bien, Kev cale dessus une basse bien carrée et les guitares de Hubb et Silver envoient du lourd, tant sur la rythmique que sur les soli.

Et le chant ?

Titi fait un super boulot, sa voix a juste la puissance et le grain qu’il faut pour porter l’histoire, Il t’incarne à la perfection et j’avoue que, même en vous connaissant tous les deux, il est difficile de savoir qui chante.

J’ai tout de même plus de classe que lui !


Je préfère ne pas intervenir dans vos querelles d’Alter Ego. L’essentiel est que ce CD en lui même est une réussite qui va au-delà du simple concept-album et mériterait bien plus la dénomination d’Heavy Metal Opera. FACTOR HATE a réussi avec ces « contes effrayants » à engendrer un véritable univers et un album cohérent qui, sans se prévaloir du titre pompeux d' »Opera Rock », est bien plus crédible que ce que d’autres nous ont proposé sous cette dénomination depuis des années.

A leur décharge, mon groupe était avantagé, plutôt que de glauser sur leurs fantasmes ou inventer une histoire à 2 cents, je leur ai offert une histoire vrai, la mienne … tout passe mieux avec un fond d’authenticité ne crois tu pas ?

En tout cas ça marche. Ma grosse inquiétude sur cet album était le rendu studio de l’ambiance qui règne dans les prestations live du groupe. L’énergie des musiciens, la qualité du mix et tes interventions parlées ont parfaitement reproduit ton univers et celui de FACTOR HATE. Là encore c’est une réussite. Les compositions restent en tête grâce à des refrains efficaces, les textes se mémorisent bien et les ambiances musicales collent parfaitement aux thèmes des chansons.

Et coté négatif, tu as bien des remarques à faire ? Vas y, je suis le Watcher, pas une chochotte se prenant pour une star !

En fait non, je n’ai pas grand-chose à dire. L’influence d’Alice COOPER sur le chant est bien sur très présente mais les influences différentes des musiciens et le mélange de celles ci donnent un style particulier à FACTOR HATE, une identité propre qui promet d’excellentes choses si le groupe persiste dans cette voie, et si tu continue ton association avec Titi. En choisissant ce groupe pour porter ton univers de notre coté du miroir tu as fait un excellent choix Watcher, ces mecs m’ont bluffé sur scène et « Scary tales » fait partie de ces albums qu’on écoute d’une traite et dont la durée semble toujours trop courte.

Tu conseillerais aux mortels et tous les petits cinglés de l’acheter ?

Plutôt deux fois qu’une, c’est exactement le type d’album que les métalleux français retardataires rechercheront dans 10 ans en se demandant comment ils ont pu passer à coté d’un tel opus.
Excuse moi Watcher mais j’entends un truc au loin qui me fait flipper, ne me dis pas que tu as reussi à me trouver un sujet de cauchemar auquel je sois sensible ? AAAAAAAHHHHHHH c’est ignoble !

Désolé Gilles, je ne peux intervenir durablement que dans les cauchemar, tu le sais.

Oui mais ce truc est immonde, contre-nature, même les grands anciens ont l’air de bisounours à coté.

Je dois admettre que même pour moi c’est un peu dur.

Un peu !! C’est quoi ce machin ? mes oreilles brûlent. Sors moi de là, tu as mon avis, je te laisse me faire parvenir la retranscription par Titi et la mettrais vite fait en ligne.

Cela est parfait Gilles, heureux de t’aider, et de me nourrir de ce cauchemar, même si, je dois bien le reconnaître, cela me soulève même le cœur pour ne rien te cacher.

Ainsi s’est achevé notre entretien, qui tiendra lieu de chronique malgré sa nature particulière, mais ne suis je pas le Watcher.

Je sais que je vais faire de la peine à certains d’entre vous, mais Gilles s’est réveillé sans séquelles autre qu’une forte nausée. A dire vrai, ce cauchemar m’a aussi rendu malade, la vision et surtout le son d’horreur ayant surgi était constitué de ZAZ chantant « Man in the silver Mountain » en duo avec christophe MAE, vous admettrez que je ne manque pas d’imagination. Tout de même, fassent les dieux du Metal que cette chimère ne franchisse jamais les portes de la réalité.


THE WATCHER



Comme promis, je mets en ligne le relevé de notre entretien entre deux mondes, merci à Titi pour la fidèle retranscription de celui-ci. « Scary tales » est un album qui fait honneur au Heavy hexagonal, un très bon achat que je ne peux que vous conseiller.

Et toi ! Oui toi qui ricane bêtement derriere ton écran, sceptique et goguenard, prend patience car si tu ne viens pas au Watcher, le Watcher viendra à toi.

Gilles de TROY

TRACKLIST

01. Overture
02. You’re in the Nightmare
03. The Watcher
04. Wild as the Wind
05. The Eyes in the Dark
06. Scyzophrenia
07. Asylum
08. The Bride
09. Black Roses
10. Riding Fast and High
11. Reach to the Sky
12. Lunatic World
13. Kingdom of Madness
14. Behind Me
15. Raise you Hand
16. Underture

LINE UP

Thierry « TITI WILD » GRUMIAUX / The WATCHER : Chant
Hubb TRAISNEL : Guitares
Olivier « SILVER » LANDAIS : Guitares
Kevin « KEV » OBRON : Basse
Pascal « SHARKY » LANDAIS : Batterie

cover 19e convention fismes

6 mars 2016 – 19eme convention Rock N’ Metal de Fismes

cover 19e convention fismes

6 Mars 2016, la convention Rock N’ Metal de Fismes, organisée comme tous les ans par UNDERGROUND INVESTIGATION, ouvrait sa 19ème édition, avec comme chaque année un choix de groupes présentant diverses facettes de notre culture musicale favorite et un Metal Market offrant un vaste choix de Vynils, CD, DVD, merch’, boisson médiévales … avec, pour cette nouvelle édition, une ouverture internationale inhabituelle.

Le temps d’installer le stand TROYAN FORGE / ZONE METAL et le matos, de prendre un café et les premiers accords de balance se faisaient entendre, annonçant le départ des concerts qui ponctueront toute la journée cette convention annuelle.

logo phillizzy

PHIL LIZZY : groupe local de reprise de THIN LIZZY,  donnait là son premier concert. Autant le dire tout de suite, le chant lead m’a bloqué. La chanteuse n’a pas une mauvaise voix mais le répertoire de Phil LYNOTT ne lui va pas et ses tentatives pour adapter les mélodies n’arrangent pas les choses. Dommage car le groupe à de nombreux points positifs, coté instrumental l’ensemble tourne, l’essentiel de la musique est là, coté jardin un guitariste dont le plaisir de jouer est communicatif, un clavier discret et efficace, un set bien construit, des choeurs travaillés … mais un chant vraiment à revoir.

Facebook de Phil-Lizzy (Tribute-Thin-Lizzy)

logo Veil of Mist

Les Rémois de VEIL OF MIST sont une belle découverte en ce qui me concerne. Le groupe n’est pourtant pas tout récent puisqu’il a fait ses premières armes en 2004. Malgré un démarrage difficile du à quelques problèmes techniques (micro non branché, séquence ne partant pas … ) le groupe reprend sans sourciller son intro et assure un excellent set malgré des conditions sonores catastrophiques (cymbales omniprésentes, larsen au niveau des guitares, volume de chant très bas, heureusement compensé par les capacité vocales d’Amandine …). Leur Metal est mélodique et puissant, leur chanteuse est technique et efficace, les compositions riches … excellent show.

LINE UP
Amandine ROSELLE – Chant
Cédric VASSAL – Guitare
Frédéric CARCELLE – Guitare
Jean-Baptiste FRICHET – Basse & programmation
Manuel LEROY – Batterie

SET LIST
1- Fané
2- Scarecrow
3- Dangling Hopes
4- Weight of Regrets
5- Heiress to Melancholia
6- Ghosts of Winter

Facebook de VEIL OF MIST

logo meline

MELINE : « Ils sont venu, ils ont vu, ils vont vous botter le cul … » cette phrase d’intro du présentateur du jour résume bien ce concert. De bon, ce groupe est devenu excellent, Le chanteur excelle dans les basses comme dans les aigus et a une forte présence scénique.  Le travail des deux guitares est digne de la grande époque de la NWOBHM, le section rythmique est béton. J’attends avec impatience de les revoir et d’acquérir leur nouvel album : « the crucified ».

Facebook de MELINE

logo blackbleeding

BLACK BLEEDING : groupe belge. Pas mon style de Metal favoris mais le trio tiens bien la scène et sait motiver le public en pimentant sa . Le batteur est un showman incroyable et l’humour pimente la prestation, le chanteur n’est pas en reste avec certaines phrases qui mériteraient de devenir cultes  telles que « nous venons de Wallonie, nous jouons partout pour quelques bières et sommes disponibles si vous avez des communions, baptêmes, bar-mitzvah, enterrement de vie de jeune filles, enterrement de jeunes filles … » ou « nous allons vous faire une reprise de TWISTED SISTER, une reprise à moitié bien faite mais une reprise quand même… ».
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De fait, ce final sur un « we’re not gonna take it » (twisted sisters) assaisonné SEX PISTOLS cloturait bien ce show décalé et fun.

logo overdrivers

OVERDRIVERS : Du bon Hard Rock N Roll façon kangourou, un gratteux qui n’hésite pas à se méler au public en plein solo de flying V, voire à monter sur le bar de la salle, un guitariste chanteur à la voix mixte bien maîtrisée. Une grosse séance de Headbanging peu compatible avec la prise de photos  😉

logo anakylas

ANAKILAS : excellente présence scénique du chanteur, une fusion de Heavy, Nu Metal, classic Rock et Hard Rock, difficile à classer et c’est tant mieux. Une reprise de Burn matinée d’Highway star revisitée tout en respectant les originaux, bel exercice de stytle réussi haut la main. J’avais vu le groupe en 2012 lors d’une précédente édition de la convention, le combo a muri tout en gardant la générosité scénique que j’avais apprécié à l’époque, j’espère avoir l’occasion de les revoir bientôt sur un plus long set.

logo gang

GANG : Comme constaté lors de leur concert parisien de février, GANG est en constante amélioration,  un show de plus en plus pro, des compos et reprises qui décapent  et des mecs toujours aussi sympa hors scène. A voir et revoir sans modération

DOWNRIGHT MALICE : Un moment difficile pour moi qui ne suis pas fan de ce type de Metal, les deux chanteurs assurent pourtant manifestement dans leur style, la musique elle même est très bien foutu, les compos variées …  Bref rien à reprocher à la prestation du groupe, sur ce coup je plaide donc coupable, fatigue + volume + Extreme = difficulté a rester objectif …  je reparlerais bientôt d’eux après avoir réécouté leur musique dans de meilleures conditions.

Facebook de DOWNRIGHT MALICE

logo stereonasty

Les Irlandais  de STEREO NASTY  prennent ensuite possession de la scène pour balancer leur Heavy Old School dopé à la testostérone. Le chant me rappelle le WASP des débuts dans la puissance qu’il dégage.  Une Grosse énergie ayant réussi, aidé de quelques cafés, a me redonner le coup de fouet nécessaire pour aller au bout de cette journée marathon.

https://stereonasty.bandcamp.com

logo argus

ARGUS : Venue de Pennsylvanie (USA), ARGUS offrait à Fismes l’unique prestation française de leur tournée européenne. Leur Heavy Doom puissant est renforcé par un très beau travail mélodique des deux guitares, travaillant à deux voies  dans un esprit parfois très NWOBHM. Ce mélange des genre et la voix médium parfaitement adaptée au style leur donne une personnalité propre, renforcée par des compos carrées et efficaces.

http://www.argusmetal.com/

Une très bonne édition, riche en découvertes musicales, malgré un son qui ne servait vraiment pas les groupes.  Le staff d’UNDERGROUND INVESTIGATION toujours aussi efficace et sympa, l’occasion de revoir la Metal family et de prendre quelques raretés à Holger et à Sylvie de GOM RECORDS, même si cette année, entre photos, vidéos, stand à tenir et promos des potes, je n’ai pas vraiment pu discuter comme je le voudrais. La convention génère toujours cette impression de réunion familiale réussi où on est pas obligé de supporter le cousin neuneu… Quoi que … En fait si, nous avons eu droit à la visite de l’équivalent du cousin neuneu et parasite, que j’appelerai Mr « j’ai tout vu, tout su, tout lu » venu contester la date de sortie d’un album annoncé sur un flyer, fourni deux jours avant par le groupe, avec l’argument qui tue  : « je suis un des meilleurs pote du chanteur et j’ai assisté à toutes les sessions studio, alors je peux te dire qu’ils sont loin d’être prêts les mecs … deux mois de retard minimum », merci à lui pour nous avoir fait rire sur tout le retour grâce au ridicule de sa mythomanie chronique.

Rendez vous l’année prochaine pour le 20ème anniversaire et, avant cela pour le Hard Rock Rendez Vous et le British Steel, autres évènements d’UNDERGROUND INVESTIGATION.

Cover Dynamite

DYGITALS – « Dynamite »

DYGITALS – « Dynamite »

CD 2015 – MAUSOLEUM

Cover Dynamite

2ème album officiel des vétérans du french Metal que sont DYGITALS, « Dynamite » est doté d’un artwork de couverture improbable, digne d’un jeu vidéo de série B des années 90, Mais comme disent les anglais : « Don’t judge a book by its cover », curieux de savoir si l’énergie incroyable dégagée sur scène avait survécu à l’épreuve du studio, j’achetais donc le CD à la sortie de leur concert de l’espace traversière, en première partie d’OCEAN.

Dès les premières notes de Dynamite je me prends la réponse en pleine face, le quintette se lâche et ne fait pas de quartier. Les titres passent et ne se ressemblent pas, les refrains accrochent et restent en tête, tout est là, titre après titre, sans aucun moment faible.

« 30 years of Rock » est la démonstration que DYGITALS a su évoluer tout en ne reniant rien de ses origines Heavy Old School, comme le prouve d’ailleurs le texte, lequel établi une liste des groupes qui tenaient l’affiche à leurs débuts (1984) et nous offre une excellente synthèse de ce que le combo sais faire. Même si, à première écoute, les composantes Hard US semblent être prédominantes, l’éclectisme musical dont le combo avait su faire preuve dans « Avé » est toujours au rendez-vous et rend au final difficile d’apposer une étiquette à la musique de DYGITALS, ce qui fait en partie la force de cet album.  

« Everybody knows », la ballade de l’album, me fait penser à un subtile mélange d’AEROSMITH et de DIO et fait mouche avec ses changements de rythme, ses soli et les variations qu’Hervé apporte au grain de sa voix.  

Le choix de Jean Marc LAVAYSSIERE (SCHERZO) pour tenir les guitares rythmique s’avère un choix judicieux, celui ci connaissant le groupe de longue date complète parfaitement le combo et donne à David plus de libertés pour enrichir les titres de soli et gimmick d’une efficacité redoutable.

Cet album ne comporte aucun raté, le son a été soigné et évite les écueils dont souffrait le premier opus, la production est à la hauteur et restitue parfaitement les qualités dont DYGITALS fait preuve sur scène … Dynamite se révèle comme un indispensables du French Metal 2015, à acheter sans hésitation et écouter sans modération.

Message personnel pour Hervé : « ‘TAIN, TU REPRENDS QUAND MANIAC !! »

TRACKLIST

01. Dynamite    03:44
02. 30 Years of Rock     04:26
03. No Speed Limit     03:32
04. Sin City     04:52
05. Everybody Knows     04:56
06. Will You Help Me     03:53
07. No Way Out     04:33
08. We Wanna Live Free     03:30
09. Don’t Want to Let You Down     04:23
10. End of the Story     03:29

LINE UP

Hervé TRAISNEL : Chant
David DUGARO : Guitares
Jean-Marc LAVAYSSIERE : Guitares
Jack GAYFFIER : Basse
Alain CLOUET : Batterie

Dygitals Ave

DYGITALS – Avé …

DYGITALS – Avé …

CD 2012 – BRENNUS

Dygitals Ave

ENFIN ! C’est la première chose qui m’est venu à l’esprit avec la sortie de ce premier album de DYGITALS …

« DIGY .. QUOI !! »

Aaaaaah ! Je te sens interloqué jeune Padawan, sache qu’il fut un temps lointain, avant que l’empereur n’asservisse les masses avec l’étoile noire de la télé-réalité et les fessesdebouc troopers, où une peuplade sauvage appelée Hardausse se déplaçait dans des salles voir des groupes en vrai, qui jouaient directement devant eux …

« Ok maitre Troyan, comme au BIGFEST ? »

Nooooooon ! Pas des grands machins avec 36 scènes, 400 groupes qui jouent 30 mn vite fait devant 30000 mecs bourrés. Des salles à l’échelle humaine, où il n’est pas nécessaire d’avoir un écran géant pour différencier la femme de ménage du guitariste.

« Ok, comme au PASSLEFRIC alors ! »

Tu veux une baffe, petit scarabée ! Je t’ai dit UNE SALLE, un vrai endroit avec un vrai son, pas un repère de bouffons apprenti rebelles ! Des salles, pas des rades ! A l’époque les groupes jouaient dans des salles municipales appelées M.J.C. et portaient la bonne parole dans les banlieues les plus reculées

« Pas dans le 9.3 quand même ? »

‘tain le boulet ! Bien sûr que si, dans le 9.3 aussi et certains de ces groupes s’y faisaient même une bonne fan base.

« Ok !! et du coup ils faisaient des disques ! »

Euuuuhhhh ! Bin justement, non ! À l’époque faire un disque coûtait très cher et les groupes devaient trouver une maison de disque qui accepte de les produire, et c’est la qu’était le problème.

Avec tes questions à deux balles tu m’as fait perdre le fil, Padawan. Ah si, ça me revient …

… ENFIN ! DYGITALS, un des espoirs remarqué, et remarquable, du milieu des années 80 sort son premier véritable album.

Au fil du temps, les musiciens du groupe ont évolué, suivi des directions artistiques très variés, parfois surprenantes, qui ont contribué à forger une véritable identité musicale qui s’exprime ici au travers de 12 titres se jouant des étiquettes et des querelles de style stériles.

Tout au long du CD, puissance et mélodies sont impeccablement dosées pour servir des compositions taillées pour la scène qui restent en tête. Tout est parfaitement en place, chaque titre possède son lot de rebondissements qui permettent à chaque nouvelle écoute de redécouvrir un détail, un élément même minime, qui fait que l’album peut être écouté et réécouté sans se lasser.

Outre les excellents « Stars of life » et « Believe in Rock n’ Roll », déjà connus des afficionados, ce « Avé … » regorge de pépites tel que « green man », « reason to live », « play with me » ou « killing machine » … en fait je pourrais citer n’importe lequel des titres de l’album tellement les influences et styles sont variés. La signature vocale d’Hervé s’est affirmé avec le temps et, si le timbre qui portait les titres heavy/speed francophone des débuts de DYGITALS est toujours présent, il s’est enrichi d’un grain qui n’est pas sans rappeler à certains moments celui d’un Dan MAC CAFFERTY ou d’un Marc STORACE. Coté instruments, le duo basse/batterie formé par Jack et Alain est parfaitement rodé et fourni à David une solide base pour développer, au travers de son jeu de guitares, l’univers musical de DYGITALS.

Un album excellent à qui je ne reprocherais que deux choses. Le choix de l’utilisation systématique de l’anglais, dommage quand on a connu la période francophone du groupe, dont témoigne en bonus track leur standard « Avé César » (Hervé soit sympa, je veux entendre « Maniac » sur le prochain album;-)). Le mixage, qui dessert le chant en « gommant » certaines des fréquences basses de la voix qui perd en profondeur.

Malgré ces légers bémols, « Avé … » est un album à posséder, révélant un groupe à l’identité marquée qui emprunte mélodie et technicité aux périodes plus récentes de sa carrière tout en restituant l’énergie brute qui émanait du DYGITALS de 1984.

FMW sylvaincotte

10 février 2016 – Sylvain « Steve » COTTE de GANG

 Sylvain « Steve » COTTE (GANG)

10 février 2016

La composante Heavy de votre musique a pris plus d’importance ces dernières années, prenant le pas sur vos influences Thrash, quel a été le déclencheur de cette évolution ?

Nous nous sommes rendus compte que c’était systématiquement vers cette musique que nos références et nos préférences renvoyaient. On est 5 gosses des 70/80’s et nous avons toujours baigné dans cette musique. C’est ainsi que le EP « HM 666% » a vu le jour… Comme une sorte de coming out assumé pleinement par tout le groupe !

Enregistré en 2014 au SOS FEST à Manchester, votre dernier album « live is all » est le premier album live enregistré au Royaume-Uni par un groupe français. Comment avez vous été accueilli par le public anglais ? Pourquoi le choix de ce concert particulier ?

A notre plus grande surprise, nous avons été très, très bien accueilli par le public anglais. On se demandait bien à quelle sauce nous allions être dévorés car il faut reconnaître que c’était gonflé d’aller jouer du Heavy Metal dans le berceau même du mouvement pour 5 frenchies… Mais très vite le public nous a renvoyé un bon écho et on s’est retrouvé à faire pas mal d’interviews avec la presse locale. On a également fraternisé avec de nombreux groupes britanniques de renom dont la seule ambition reste, comme la nôtre, de jouer la musique qu’ils aiment et de se faire plaisir.

Nous avons eu l’opportunité de récupérer les bandes du concert de Manchester et, à leur écoute, on s’est dit qu’il serait dommage de ne pas immortaliser ce moment important de la vie de Gang

Le 13 février, GANG jouera pour la première fois sur une scène parisienne, pour le public qui ne vous connaîtrai pas encore que peuvent ils attendre de ce concert ? Comment pourriez vous décrire vos performances scénique ?


Et oui… Première date à Paris en 25 ans… Il était temps ! lol !

Le public doit s’attendre à une setlist de nos meilleurs titres Heavy Metal avec, en exclusivité, quelques titres qui figureront sur le prochain album du groupe. Comme à l’accoutumée, un show plein d’énergie, de complicité et de bonne humeur.

Bon, notre chanteur vient de subir une intervention chirurgicale qui devrait calmer un peu ces habituelles ardeurs mais le connaissant, il ne devrait pas pour autant rester de marbre…

Vous fêtez avec cette tournée les 25 ans de GANG, quel regard portez vous sur le parcours du groupe, des regrets ? Des choses que vous êtes heureux d’avoir pu réaliser ?


Ce fut un long parcours pour arriver là mais on aime à croire que ce n’était que le début. Nous ne nourrissons pas vraiment de regrets.

Nous avons su tirer enseignement de notre expérience, des réussites et des échecs, celà a eu pour effet de consolider nos mentalités et de renforcer l’unité du line up. Nous sommes très heureux de pouvoir côtoyer aujourd’hui de nombreux groupes qui nous ont donné l’envie voire fait rêver quand nous étions ados. De plus ceux-ci, pour la plupart, nous renvoient une dose d’humilité, de sympathie et d’amitié qui nous conforte dans notre façon de voir et faire les choses.

Est il vrai que votre prochain album sera nommé en référence au titre d’H-BOMB : « Double GANG bang » ? 😉

Ahahahaha ! Pourquoi pas ! Mais dans ce cas, il nous faudrait en guest ce bon Philty (ça nous en fera deux dans GANG !) et les frères Ferreira ! On aime bien faire quelques reprises et nous penchons sur un titre d’un groupe français des 80’s avec qui nous avons partagé l’affiche plusieurs fois… Mais chut ! Keep your secret, secret !!

Quelques mots pour conclure ?

Pensez par vous mêmes et venez vous rendre compte ! Ecoutez, appréciez (ou pas) mais n’oubliez jamais que la musique est avant tout un plaisir à vivre et à partager !