cover stratageme never stop

STRATAGEME – « Never Stop »

Tracklist

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1.  Night Train
2.  Danger
3.  Only Love
4.  FlashBack
5.  Running from the Storm
6.  Crazy Lovers
7.  Into the Fire
8.  Hard Lover
9.  Faded Dreams
10.  Strange Day

Line Up

CHANT : FRANCK « MOONDOG » MIDOUX
GUITARE : PATRICK « PAT-JAIL » JAILLIARD
BASSE : GÉRARD MOTTÉE (Ex TNT)
BATTERIE : JEAN-PIERRE POLLET

SANCTUAIRE – Un autre enfer

SANCTUAIRE – Un autre enfer

2008 – MCD démo

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Cette démo commence bien avec un instrumental propre et posant cette atmosphère de calme précédent la tempête dont ont souvent avec succès joué leurs aînés anglo-saxon, une façon toujours efficace de préparer l’auditeur à un bon moment de métal.Hélas, la production des trois titres suivants s’avère plus que préjudiciable à notre jeune combo. Le son semble lointain comme si on avait cherché lors du master à donner un son « bootleg » en massacrant purement et simplement les fréquences médium.Je ferais donc abstraction du son de cet opus pour m’intéresser à la musique proprement dite de SANCTUAIRE.

La voix efficace de Flo et sa façon de poser le chant n’est pas sans rappeler l’ADX des débuts ou le coté scandé de Bernie. Ce choix permet de faire ressortir la qualité de l’écriture des textes qui méritent une mention spéciale pour son utilisation de la langue de Molière et se hisse dans sa maîtrise du verbe bien au dessus de la production francophone moyenne. Pour l’album à venir, j’espère toutefois voir une évolution vers des vocaux moins « parlés » et plus « chantés », jouant d’avantage avec les mélodies amenées par la guitare.

La guitare alterne rythmes bruts et riffs accrocheurs pour servir la musique de façon particulièrement efficace. Les compositions sont bien ficelées et laissent entrevoir un groupe dont le talent devrait pleinement pouvoir s’exprimer dans leur prochaine production, les versions live devraient également apporter de bonnes surprises.

SANCTUAIRE est donc assurément un groupe à écouter, à suivre et à soutenir dans son évolution. On attend la suite avec impatience.


TRACKLIST

Un autre enfer
Berceau du mal
La mort comme horizon
Prémonitions

LINE UP

Flo : Basse et Chant
Hellex : Batterie
Seb : Guitares

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EXCALIBUR – « Fils Vengeur »

EXCALIBUR – « Fils Vengeur »

2008- LP – EMANES METAL RECORDS

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En 1985, je découvrais en Angleterre la démo d’un groupe français qui circulait dans toute la communauté métallique de Croydon grâce au zèle de Denis, un pur british qui tenait « Rock of Ages », une toute petite boutique (LA boutique Metal de Croydon) où on arrivait pourtant a trouver les plus grandes raretés. Le combo, bien que francophone, avait sans aucune opération promotionnelle conquis les metalheads les plus difficiles de cette banlieue londonienne où on ne savait rien d’autres du groupe que son nom « EXCALIBUR ». Cette fine lame du Metal made in France devait pourtant disparaître sans laisser de traces vinyliques derrière elle.

La quête de ce Graal métallique menée par quelques fidèles fini par être récompensée puisqu’en 2008 EMANESMETAL RECORDS sortait le LP qu’EXCALIBUR méritait depuis si longtemps. La pochette de ce « Fils Vengeur » reprend le graphisme de la démo originale et contient un livret intérieur offrant des photos inédites et les textes.

EXCALIBUR délivre un Speed Metal d’avant garde pour son époque et s’inscrit dans la même famille musicale qu’H BOMB. Son Métal pur et sans concession frappe au cœur et ne confond jamais vitesse et précipitation. Certains titres sont des hymnes en puissance aussi tranchants et magiques que l’épée dont nos nordistes ont empruntés le nom.

Les 6 morceaux de la démo de novembre 1984, particulièrement efficaces et d’une qualité sonore étonnante, sont évidemment le cœur de cette galette mais n’en sont pas l’unique composante. Un bonus est en effet offert aux fidèles par l’ajout de 3 titres inédits, 2 issus d’une démo de janvier 1984 non diffusée jusqu’alors et de « Heavy Metal » en live, bien que desservis par leur son, ces rarissimes documents d’archives achèvent de faire de cet album un élément indispensable à toute discothèque consacrée au Metal Français 80’s.

« Metal, il me faut ta force. Metal, j’ai besoin de ta puissance, de ton énergie … » la profession de foi est posée, merci pour cette résurrection.

TRACK LIST

Fils Vengeur / Black Speed / Holocaust
Prédateur / Exterminateur / Destination Enfer
Baby Killer / Apocalypse / Heavy Métal ( Live )

LINE UP

BLACK : Vocals, Guitars
PHILL : Guitars
BLUE BIRD : Guitars
LOU : Bass
BUCK DANN : Drums

cover lawlessness on the run

LAWLESSNESS – On the run

LAWLESSNESS – On the run

 1983 – LP
Label : SARAVAH

Rééditions
2014 – CD
Label : GOM RECORDS

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Unique album de ce groupe marseillais qui délivre un bon hard rock, efficace et agressif. L’ originalité principale du groupe réside dans l’ utilisation de deux chanteuses, la blonde Jenny JONES et la brune Nina SCOTT ( qui chantera plus tard sur le deuxième album de KLAXON dans un registre bien plus soft ). Les parties instrumentales oscillent entre « hard rock n’ roll » à la RUNAWAYS ou Pat BENATAR et des plans proches du métal.

L’ ensemble est bien homogène, des compositions telles que « Rape man » ou « Don’t follow me » auraient eut leur place parmi les hymnes du genre. L’utilisation des deux voix apporte une puissance supplémentaire, chacune renforçant l’autre tout en restant bien identifiable, nombre de groupes actuels dotés de 2 voix feraient bien de s’en inspirer.

Seuls reproches, une basse pas assez présente à mon goût et des cymbales qui le sont trop et viennent souvent « mordre » sur les guitares. Le choix de l’usage exclusif de l’ anglais est également dommage, un ou deux titres francophone auraient été les bienvenus.

Ce premier album était d’ une rare qualité et il est étonnant que, tout ayant été mis en œuvre pour le faire sonner comme un groupe anglo-saxon, la promo n’ai pas suivi en France et outre manche.

Encore une fois, une réussite artistique mais un flop commercial, il faut dire que les bacs ne regorgeaient pas d’ exemplaire et que la distribution par RCA n’a pas été au top.

Il est regrettable que LAWLESSNESS n’ai pas fait un deuxième album, la porte ouverte par « On the run » laissait entrevoir un groupe brillant qui aurait pu permettre à l’hexagone de se tailler une place de choix au sein de la vague de hard à voix féminines qui a suivi.

Tracklist

Youth On The Run2:38
I Get Pain3:28
Take Your Bag5:00
Don’t Follow Me3:36
The Master3:30
The Cats3:08
Rape Man3:36
The Grave3:28

LINE UP

Nina SCOTT: Vocals
Jenny JONES : Vocals
Michel PINEDA : Guitars
René MARTELLA : Guitars
Serge BERTRAND : Bass
Alain MARIE : Drums

cover c'est la fin

OCEAN – C’est la fin…

OCEAN
C’est la fin …

cover c'est la fin


CD / double LP – AXE KILLER / FGL 2016

La reformation d’un des trois groupes phare du Hard Rock français du tout début des années 80 (ndlr : TRUST, OCEAN, WARNING) est en soit un événement et une prise de risque considérable pour les interessés. Mais ressortir un nouvel album, 35 ans après avoir sorti un des LPs les plus emblématiques de son époque, l’album « Ocean » de 1981 (dit aussi « Album Londres »), celui-là même pour lequel le terme NWOFHM a été inventé, avait tout d’une mission impossible voire d’une mission suicide.C’est pourtant le défi qu’ont décidé de relever les quatre parisiens d’OCEAN avec ce nouvel opus, « C’est la fin … », dont le titre aura fait couler beaucoup d’encre dans la presse Rock et Metal.Afin d’alléger cette chronique, je passerai sur l’histoire du groupe, que vous pouvez consulter ICI ;-).

Premier contact avec cette nouvelle galette, la pochette et le packaging, on reconnaît les codes de la période Barclay, une photo du quatuor et un thème. Le choix du noir et blanc confère à l’objet un côté à la fois rock, collector et intemporel. Un bel objet, conjuguant qualité et esthétique, auquel je ne reprocherais que deux choses : sa relative fragilité (comme tous les digipacks) et le manque de contraste entre les textes et le fond qui rendent ceux-ci difficiles à lire pour mes yeux de vieux hardos.

Mais comme disent les anglophones « don’t judge a book by his cover », je place donc le CD dans mon lecteur et prend dès les premières notes de « La haine » une première baffe, du genre modèle pour adulte, la patte OCEAN est immédiatement reconnaissable et n’a pas molli avec le temps. De la façon de concevoir le duo basse/batterie aux breaks, en passant par la guitare solo qui tapent exactement là où ça fait mal … tout y est ! Ce titre aurait pu être une piste oubliée de l’album « Londres » (« Ocean » 1981).

La voix de Stef REB, bien que différente de celle de Robert BELMONTE, partage la même rage, la même puissance liée à un sens imparable de la mélodie.

L’album se découvre comme un bon film dont chaque chanson représenterait une scène, véhiculant ses propres rythmes et ses émotions. Les évolutions vocales de Stef sont d’ailleurs un fil directeur avec ce premier titre très proche de l’OCEAN de 1981 dont le chant reste très inspiré par celui de son prédécesseur, puis la révélation progressive d’une signature vocale personnelle qui prend de l’importance tout au long de l’album pour donner sa pleine mesure sur « c’est la fin … », véritable chef d’œuvre mêlant technicité, feeling et puissance.

L’agencement des titres ne laisse donc rien au hasard et forme une histoire qui trouve ses échos dans notre quotidien, « La haine », les « désillusions », l’égocentrisme, la quête de soi, la perte de repère, le sexe, la mort et le rock n’ roll … et la fin d’une époque dont nous sommes à la fois les acteurs et les spectateurs.

Ces nouvelles compositions de Georges BODOSSIAN n’ont rien à envier aux grands classiques du groupe, chaque écoute révèle de nouveaux détails, des variations subtiles entre deux couplets … même en ayant fait tourner l’album en boucle avant d’aborder cette chronique je n’ai eu à aucun moment envie de zapper un titre.

Chaque musicien fait preuve d’une réelle virtuosité mise au service des compositions, chaque prouesse technique est d’autant plus efficace qu’elle est discrète et redoutablement précise, aucun plan inutilement démonstratif ne vient polluer les compositions. Les arrangements sont superbes et le son est, de loin, ce que j’ai entendu de plus abouti en Hard et Metal Français ces dernières années.

A noter les superbes interventions de DIABOLO à l’harmonica sur « Rouge Lézard » et « Je crois que tu aimes ça »).

Les textes sont à la hauteur de la musique, bien ciselés et efficaces. J’apprécie tout particulièrement les textes d’Alain GOUILLARD, Batteur du Combo, mélant classe et irrévérence, dotés d’une imagerie verbale qui fait mouche (« Tu n’pense qu’à ta gueule » est un modèle du genre) et jouant d’une provoc’ au second degré qui manque au paysage Rock hexagonal actuel.

Avec « C’est la fin … », OCEAN a su éviter tous les pièges d’un album de reformation, on retrouve certes tous les éléments qui ont fait le succès du groupe (et ouvert la porte à ce que beaucoup considèrent comme l’age d’or du Hard Rock français), mais sans que ceux-ci imposent une limite à l’originalité des nouveaux titres.

Là où certains groupes se complaisent à multiplier la production d’albums baclés, persuadés que leur « talent » est magnifié par l’urgence, OCEAN s’est au contraire laissé le temps, celui de créer plutôt que de s’auto-plagier, de garder sa marque de fabrique tout en se renouvelant, celui d’enregistrer « à l’ancienne », en soignant chaque étape, une musique qui ne sonne pas datée et, surtout, celui de rester « fidèle à son nom ».

Dans un monde changeant où les échelles de valeurs se réduisent à peu de choses, malgré « la mort qui rode autour de nous », malgré la fin de nos idoles et d’une époque, OCEAN remporte son défi haut la main avec ce nouvel opus qui s’avère non seulement un digne successeur de l’album « Ocean » de 1981 mais surtout un album indispensable à toute bonne discothèque Rock, Hard & Heavy francophone.

« C’est la fin » est également disponible en Vinyle en édition limitée et numérotée. Le soin apporté à l’ensemble est exceptionnel et mérite d’être souligné. L’adoption d’un format double LP et un mastering spécifique au support garantit une qualité optimale du son, le grammage choisi, la finition de la pochette (double évidemment), des ronds centraux, la qualité des photos insérées en bonus … Tout en fait une pièce de collection à acquérir de toute urgence pour tout amateur de beaux vinyles ! … si il en reste encore lorsque vous lirez cette chronique.


Tracklist

01 – La Haine
02 – Desillusions
03 – Tu n’pense qu’à ta gueule
04 – Fidèle à son nom
05 – Rouge Lézard
06 – T’as rien trouvé
07 – Instinct animal
08 – Je crois que tu aimes ça
09 – La Mort rôde autour de nous
10 – C’est la fin

Line Up

Stef REB : Chant
Georges BODOSSIAN : Guitares
Alain GOUILLARD : Batterie
Noël ALBEROLA : Basse

Guests

Gilles POLVE : Basse
DIABOLO : Harmonica

Site Officiel : http://www.oceanlegroupe.com

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MYSTERY BLUE – Mystery Blue

MYSTERY BLUE – Mystery Blue

LP – 1984 – AXE KILLER

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Premier album de MYSTERY BLUE,en 1984 et premier album sorti par le label AXE KILLER RECORDS.

TRACKLIST

01. Rock’N’Roll Heroes
02. Paralysed
03. And The Devils Dances
04. Rock Fever
05. Towers Of Hell
06. Victory In Defeat
07. Looser
08. Ride To Live, Live To Ride
09. Trial

LINEUP

Marc TORRES : Chant
Frenzy PHILIPPON : guitares
Yvan BAILBLED : guitares
Jean Marc GOGEL : Batterie
Patrick Faller : basse

Enregistré à – R.B.O. Studio

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TIT’S – La malediction du Metal Francais

La malediction du Metal Francais

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« On est pas dans le bon pays, sinon on aurait fait un carton », « Le groupe allait exploser, ca marchait fort et là, le coup de malchance … », « Le festival aurait fait le plein si … (il avait fait beau, on avait eu plus de promo, les extra-terrestres n’avait pas débarqué le même soir à 10 km de là …) », ce genre de phrase, on les a tous entendu, voire prononcé, les groupes talentueux ne manquent pas en France et pourtant rien ne décolle vraiment.

Pourquoi ? Une sombre malédiction pèse t’elle sur le Hard & Metal hexagonal ?

Une question passionnante mais dont peu de « rockers » français, très actifs sur les réseaux (anti)sociaux, souhaitent entendre la réponse. Fidèle à lui même, TIT’S vient donc lancer un pavé dans la gueule du débat sous la forme de ce livre qui lui permettra certainement de renouveler son stock de Haters.

« La Malédiction … » ne se veut pas un ouvrage historique ni une leçon de morale mais une série de constats et d’expériences personnelles offrant un regard sans concession sur un milieu musical qui, contraint d’évoluer sur un terrain peu favorable, semble prendre plaisir à s’ajouter des handicaps.

TIT’S distribue les baffes allégrement, n’oubliant pas de s’en donner au passage, certains se sentiront certainement insultés , d’autres, capable d’auto dérision seront amusés, d’autres enfin se diront « et merde, c’est vrai que j’ai merdé grave à l’époque ». Quant à ceux qui se disent qu’en effet, c’est la faute de tous les autres et que, si tout le monde était aussi irréprochable qu’eux, la France serait LA nation du Rock en général et du Metal en particulier, je les plains et me garderai bien d’interrompre leurs rêveries onanistes.

Ce bouquin est né d’un coup de gueule, et TIT’S l’écrit comme il parlerais à des potes pour leur dire « Hé les mecs, c’est la lose, si on arrêtait d’être cons juste deux minutes au lieu de s’apitoyer ! », la forme est donc épurée, les filtres ont été laissés au placard et, tel un Jésus à cuir noir saoulé par la bien-pensance ambiante, multiplie les pains (dans la tronche), pour reprendre AUDIARD « Moi, quand on m’en fait trop j’correctionne plus, j’dynamite, j’disperse, j’ventile. ».

Je parlais là de la forme, mais sur le fond du propos, qu’on l’apprécie ou pas, le lascar est un vrai rocker, souvent bigger than life, agaçant avec sa grande gueule, provocateur dans l’âme, mais qui connaît bien son sujet pour l’avoir vécu et le vivre encore au quotidien. Les dessous des affaires, il en as souvent vu et reniflé et il faut admettre que ça ne sent pas toujours le frais.

Je n’irais pas jusqu’à dire que j’approuve ses arguments à 100 %, il reste gentil avec certains mecs qui ne se sont pas contenté d’enterrer le Hard en France, mais ont largement pissé autour de la tombe histoire de marquer leur territoire, j’aurais personnellement été plus dur avec quelqu’un comme MANOEUVRE qui n’a jamais fait que d’aller dans le sens du vent, ne se fendant d’une bonne chronique que par intérêt, moins cité TRUST en exemple, car même si je respecte le parcours du groupe, force est de constater que, contrairement à ce qui s’est produit un peu partout ailleurs dans le monde, sa conduite d’« Highlander »  (« il ne peut en rester qu’un ») n’a fait qu’ajouter à cette fameuse « Malédiction ».  Bref mes rares réserves sur cet ouvrage repose sur des détails historiques et une analyse moins émotionnelle de la situation, mais, malgré nos différences dans le vécu et notre façon d’approcher le problème, nous nous rejoignons sur les conclusions.
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Je vous invite d’ailleurs à lire ma chronique de 2010 « Annulations en chaine ! French Metal … Chronique d’une mort annoncée » qui faisait un constat très proche.

Après cette page d’auto-promotion, revenons à notre mouton noir 😉

Il existe peu de bouquin sérieux traitant du Hard & Metal en France, encore moins ayant les « cojones » d’appuyer là où ça fait mal, TIT’S , mêlant humour et coups de gueules nous en apporte un qui manquait cruellement. Un livre à découvrir absolument.

cover benvenuti cd

BENVENUTI – « Benvenuti »

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BENVENUTI – « Benvenuti »

CD 2017 – SBC Production

La musique est décidément un univers étrange échappant parfois aux lois de la logique, notamment quand il s’agit d’associer les talents. Vous pouvez regrouper « la crème de la crème » des musiciens de France et de Navarre, jouer la carte de la provoc ou de la nostalgie, multiplier les albums … et ne produire au final que des albums insipides, incolores et sans saveurs.

D’autres associations au contraire sortent le meilleur de chacun, dépassent les ego, pour créer des albums dont on ne se lasse pas et où la qualité et le feeling restent les maitres-mots.

C’est ainsi qu’après avoir produit un des meilleurs albums de Metal Français de l’année 2011 avec SUPERFIZ, l’équipe constituée d’Olivier SPITZER (Guitares : STATORS, TEMPLE OF SILENCE, SHAKIN STREET, SUPERFIZ, SATAN JOKERS …), Pierre BENVENUTI (Chant : SUPERFIZ, MANEC, WAITING FOR THE DOORS, IN TRUST …), Philippe KALFON (Guitares : STRATAGEME, TEMPLE OF SILENCE, SUPERFIZ, SHAKIN STREET, FURIOUS ZOO…) , Aurélien « AUREL » OUZOULIAS (Batterie : SUPERFIZ, MÖRGLBL, AUREL, ZOOL FX, Ron THAL, SATAN JOKERS …), Noël ASSOLO (Basse : RITA MITSOUKO, Bernie BONVOISIN, Catherine RINGER, REBELL8 …), Gérald MANCEAU (Batterie : WARNING …) remet le couvert pour un nouveau groupe, BENVENUTI, et un style différent, s’éloignant des rivages du Metal pour aborder des horizons plus Rock.

On retrouve avec bonheur 4 titres de SUPERFIZ (« Sex & Love », « Tu rêves toujours du Rif », « Ta voix tombe dans le silence », « Je ne t ‘appartiens pas »), ré-assaisonnés avec un zeste de Metal en moins et une touche de Hard Rock en plus. La sauce BENVENUTI prend sans problème, l’alchimie entre les musiciens, guests compris, surpassant les nuances de styles et Olivier SPITZER, outre ses talents de guitariste et compositeur, sachant donner aux titres la couleur sonore qu’ils méritent.

L’album est riche en titres renouant avec une vraie chanson Rock/Hard-Rock francophone, avec des textes qui ont un sens et de vrais mélodies, le tout porté par une voix chaude et posée. Les chansons s’enchaînent sans temps morts, variant styles et tempos tout en gardant une parfaite cohérence artistique.

Seul bémol de l’album, « Au Nom De Quoi », titre qui aurait pourtant du en être le « single shot ». L’intention louable de rendre hommage aux victimes de l’attentat du BATACLAN, malgré une interprétation irréprochable et un beau travail mélodique, tombe quelque peu à plat, au regard de la charge émotionnelle du sujet et de la qualité générale des autres textes de l’opus. Il était peu être trop tôt pour ce titre.

Un seul titre relativement « faible » sur 15 pistes (sans compter les 2 bonus tracks), voilà qui est largement pardonnable au regard de l’excellence de morceaux tels que le fulgurant « j’ai mal », le très inspiré « Pour oublier le passé » (la dualité batterie / guitares où chaque instrument rivalise de créativité est une réussite) ou le grandiose « instinct mécanique » alliant groove, musique planante et Metal Hurlant.

A noter également la reprise d’un ancien titre d’Olivier SPITZER, initialement interprété par la sublime Nina SCOTT dans ses versions Anglaise puis Française (maquette de 1992, hélas inédite). BENVENUTI s’est ici attaqué à la version Française (« On ira vers le Nord ») dans deux versions revisitées parfaitement adaptées au grain de Pierre. Une belle réussite.

Cerise sur le gateau, BENVENUTI s’offre quelques guests dont la présence devraient ravir les amateurs de Hard & Heavy made in France. Si comme moi vous aimer le Hard et le Metal dans toutes ses nuances, BENVENUTI est assurément un album pour vous ; si vos goûts sont plus fixés sur un style unique, où le hors-piste est interdit, jetez-y quand même une oreille, vous pourriez vous découvrir plus ouvert que vous ne le pensiez 😉

TRACKLIST

01 – Personne
02 – Je laisse
03 – Nulle part
04 – Au nom de quoi
05 – A part ça tu es libre
06 – On roulera vers le nord
07 – Sex and Love (remix 2016)
08 – Mon chemin
09 – J’ai mal
10 – Tu rêves toujours du Rif (remix 2016)
11 – Pour vivre toujours
12 – Ta voix tombe dans le silence (remix 2016)
13 – Pour oublier le passé
14 – Je ne t’appartiens pas (remix 2016)
15 – Instinct mécanique
16 – Je laisse (Version 2)
17 – On roulera vers le Nord (Version 2)

LINE UP

Pierre BENVENUTI : Voix
Oivier SPITZER : Guitares et Choeurs
Philippe KALFON : Guitares et Choeurs
Noël ASSOLO : Basse et Choeurs
AUREL : Batterie et choeurs
Gerald MANCEAU : Batterie et Choeurs

GUEST

KARNY : Guitares/Choeurs
Laurent SCHWARTZ : Guitares slide
Franck AMAND : Batterie
Norbert KRIEF : Guitare Solo
Thierry TAMMAIN : Piano/Orgue
Hervé CAVELIER : Arrangements Violons/Violon
Florence HENNEQUIN : Violon
Jean-Marc APAP : Violon
Christophe BRUCKERT : Violon
Alain WALDOCK : Voix Off
Jim LEMOINE : Voix Intro



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FACTOR HATE – « Scary tales »

FACTOR HATE – « Scary tales »

cover factor 
 hate scary tales

CD 2016 – Autoproduction

Bon ! Vous me connaissez, je suis un être patient, la précipitation et l’effervescence dérisoire des mortels m’ennuie et ne m’intéresse que lorsqu’elle est source pour eux de savoureux cauchemars.

Mais, tout de même, cela faisait des mois que j’attendais que Gilles de TROY publie une chronique de « Scary tales », le premier opus de mes amis de FACTOR HATE, ce groupe dont chaque prestation m’offre l’occasion de passer de votre coté du miroir pour conter mon histoire en musique.

Certes, Titi WILD, mon avatar humain, a eu ses premiers avis sur l’album mais je suis le WATCHER, et j’aime me rendre compte par moi même des choses.


Seule solution pour avoir un avis direct sans attendre 10 ans que sa chronique sorte, guetter le moindre signe d’endormissement de sa part, si possible lors de son retour du boulot, occasion qu’un de ses périples en RER me donna finalement.

Watcher : Mes hommages ! Gilles

Gilles de Troy : Salut Watcher, qu’est ce que tu fous sur la ligne B ? je sais que c’est un cauchemar de la prendre mais tout de même …

Tu sais, c’est un de mes terrain de chasse favoris avec toutes ces âmes harassées par leurs journées de travail et qui succombent lentement à l’appel du sommeil. En ce qui te concerne, comment veux tu que je te parle ? Jamais disponible ! Tu ne dors presque pas et ta baraque est truffée d’attrape-rêves, je suis bien obligé d’attendre que tu te laisse aller dans les bras de Morphée dans ce RER, qui ressemble plus à une bétaillère d’ailleurs.

Logique, il est vrai que je dors très peu, tu avais besoin de quelque chose ?

Le Watcher n’a besoin de rien, il prend ce dont il a besoin ! Qu’est ce qui se passe avec « Scary Tales », l’album ne te plaît pas ? Pas une ligne depuis que tu l’as acheté, il y a de quoi se poser des questions.

Je sais, désolé Watcher, tu me connais, j’aime faire les choses proprement et je manque terriblement de temps, j’ai d’ailleurs pas mal de chroniques et de live reports en retard et pas une seconde à moi.

Votre notion du temps est amusante, dans mon monde le temps peux s’étirer, une heure peut prendre place dans une de vos secondes … vous êtes étranges vous autres humains ! Mais trêve de billevesées, il donne quoi cet album ?!

Sincerement ?

Bien sur, que crois-tu ? si c’était pour me faire lustrer la canne épée j’irais faire flipper Philippe MANOEUVRE !

C’est pas con ça, depuis le temps qu’il est le cauchemar du rock francais ! ;-))

Bon ! Franchement, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard, on dirait un mauvais plagiat de BB BRUNE et de LA FEMME !

Quels sont ces sarcasmes ? Tu te moques ouvertement de moi ?

Bien sur ! Mais tu as posé la première question idiote. Bien sur que j’ai aimé « scary tales », le concept de l’album est béton, le son est bon, les compos bien faites …

Et les zicos ? ils m’inquiètent parfois les gamins.

Aucun problème de ce coté, chacun est à sa place et sert l’album au mieux, la drum de Sharky est nickel avec les breaks qui vont bien, Kev cale dessus une basse bien carrée et les guitares de Hubb et Silver envoient du lourd, tant sur la rythmique que sur les soli.

Et le chant ?

Titi fait un super boulot, sa voix a juste la puissance et le grain qu’il faut pour porter l’histoire, Il t’incarne à la perfection et j’avoue que, même en vous connaissant tous les deux, il est difficile de savoir qui chante.

J’ai tout de même plus de classe que lui !


Je préfère ne pas intervenir dans vos querelles d’Alter Ego. L’essentiel est que ce CD en lui même est une réussite qui va au-delà du simple concept-album et mériterait bien plus la dénomination d’Heavy Metal Opera. FACTOR HATE a réussi avec ces « contes effrayants » à engendrer un véritable univers et un album cohérent qui, sans se prévaloir du titre pompeux d' »Opera Rock », est bien plus crédible que ce que d’autres nous ont proposé sous cette dénomination depuis des années.

A leur décharge, mon groupe était avantagé, plutôt que de glauser sur leurs fantasmes ou inventer une histoire à 2 cents, je leur ai offert une histoire vrai, la mienne … tout passe mieux avec un fond d’authenticité ne crois tu pas ?

En tout cas ça marche. Ma grosse inquiétude sur cet album était le rendu studio de l’ambiance qui règne dans les prestations live du groupe. L’énergie des musiciens, la qualité du mix et tes interventions parlées ont parfaitement reproduit ton univers et celui de FACTOR HATE. Là encore c’est une réussite. Les compositions restent en tête grâce à des refrains efficaces, les textes se mémorisent bien et les ambiances musicales collent parfaitement aux thèmes des chansons.

Et coté négatif, tu as bien des remarques à faire ? Vas y, je suis le Watcher, pas une chochotte se prenant pour une star !

En fait non, je n’ai pas grand-chose à dire. L’influence d’Alice COOPER sur le chant est bien sur très présente mais les influences différentes des musiciens et le mélange de celles ci donnent un style particulier à FACTOR HATE, une identité propre qui promet d’excellentes choses si le groupe persiste dans cette voie, et si tu continue ton association avec Titi. En choisissant ce groupe pour porter ton univers de notre coté du miroir tu as fait un excellent choix Watcher, ces mecs m’ont bluffé sur scène et « Scary tales » fait partie de ces albums qu’on écoute d’une traite et dont la durée semble toujours trop courte.

Tu conseillerais aux mortels et tous les petits cinglés de l’acheter ?

Plutôt deux fois qu’une, c’est exactement le type d’album que les métalleux français retardataires rechercheront dans 10 ans en se demandant comment ils ont pu passer à coté d’un tel opus.
Excuse moi Watcher mais j’entends un truc au loin qui me fait flipper, ne me dis pas que tu as reussi à me trouver un sujet de cauchemar auquel je sois sensible ? AAAAAAAHHHHHHH c’est ignoble !

Désolé Gilles, je ne peux intervenir durablement que dans les cauchemar, tu le sais.

Oui mais ce truc est immonde, contre-nature, même les grands anciens ont l’air de bisounours à coté.

Je dois admettre que même pour moi c’est un peu dur.

Un peu !! C’est quoi ce machin ? mes oreilles brûlent. Sors moi de là, tu as mon avis, je te laisse me faire parvenir la retranscription par Titi et la mettrais vite fait en ligne.

Cela est parfait Gilles, heureux de t’aider, et de me nourrir de ce cauchemar, même si, je dois bien le reconnaître, cela me soulève même le cœur pour ne rien te cacher.

Ainsi s’est achevé notre entretien, qui tiendra lieu de chronique malgré sa nature particulière, mais ne suis je pas le Watcher.

Je sais que je vais faire de la peine à certains d’entre vous, mais Gilles s’est réveillé sans séquelles autre qu’une forte nausée. A dire vrai, ce cauchemar m’a aussi rendu malade, la vision et surtout le son d’horreur ayant surgi était constitué de ZAZ chantant « Man in the silver Mountain » en duo avec christophe MAE, vous admettrez que je ne manque pas d’imagination. Tout de même, fassent les dieux du Metal que cette chimère ne franchisse jamais les portes de la réalité.


THE WATCHER



Comme promis, je mets en ligne le relevé de notre entretien entre deux mondes, merci à Titi pour la fidèle retranscription de celui-ci. « Scary tales » est un album qui fait honneur au Heavy hexagonal, un très bon achat que je ne peux que vous conseiller.

Et toi ! Oui toi qui ricane bêtement derriere ton écran, sceptique et goguenard, prend patience car si tu ne viens pas au Watcher, le Watcher viendra à toi.

Gilles de TROY

TRACKLIST

01. Overture
02. You’re in the Nightmare
03. The Watcher
04. Wild as the Wind
05. The Eyes in the Dark
06. Scyzophrenia
07. Asylum
08. The Bride
09. Black Roses
10. Riding Fast and High
11. Reach to the Sky
12. Lunatic World
13. Kingdom of Madness
14. Behind Me
15. Raise you Hand
16. Underture

LINE UP

Thierry « TITI WILD » GRUMIAUX / The WATCHER : Chant
Hubb TRAISNEL : Guitares
Olivier « SILVER » LANDAIS : Guitares
Kevin « KEV » OBRON : Basse
Pascal « SHARKY » LANDAIS : Batterie